Comme beaucoup de villes et de villages de France, Le Dorat a  hébergé, au cours des siècles, de nombreux lieux destinés au culte chrétien.

Lieu de naissance supposé de Saint Israël

    Selon l’abbé Rougerie, prêtre du Dorat et plus tard évêque, ce lieu « était hors de l’enceinte du Dorat, à une portée de trait des murailles, sur la droite du chemin qui sortait par la porte de Dinsac. Une croix, située près de là, semble y consacrer encore aujourd’hui le souvenir de la naissance d’Israël ».    

    C’est de là que l’enfant a dirigé ses pas vers ce qui allait devenir sa raison d’être. Israël, dont le nom signifie « homme voyant Dieu »,  était « né d’eau et d’Esprit » (cf. Jn 3, 1-6). Cette croix, toujours visible, est placée dans le mur d’une maison, au bas de l’avenue des vignes.

Même si saint Israël n’a pas connu la Porte Bergère, nous pouvons penser que ses pas l’ont conduit par ce chemin au début du 11° s, soit pour partir dans ses longs voyages aux côtés de l’évêque Hilduin, soit pour rentrer dans la ville et rejoindre la communauté canoniale.

D’après des textes de Michel Courivaud et Michaël Thoury

De

Lieux disparus ou désaffectés

En dehors du chapitre des chanoines de Saint Pierre, qui se tenait dans la Collégiale, et qui a été supprimé au début du XIX° s, on peut citer, parmi ces anciens lieux de culte :

- le couvent de la Trinité, devenu le collège du Dorat (place Charles de Gaulle) ;

- le couvent des Franciscains Récollets, détruit au XIX° s, qui se trouvait sur la route de la Trimouille ;

- la Congrégation des Sœurs du Temple, dont l'ancienne chapelle, dans la rue Saint-Michel, est en cours de restauration ;

- la Congrégation des Sœurs de la Sagesse, devenue l’hôpital du Dorat (avenue de La Josnière) ;

- la Congrégation des Frères des Ecoles Chrétiennes, ayant en charge l’école Saint-Pierre au XIX° s ; cette école a été ensuite réunie à l’école Sainte-Marie, tenue par les Sœurs de l'Union Chrétienne, et leur maison (rue des Vaudieux) a été transformée en relais pastoral en 2014 (« Espace Béthanie »).

Couvent des Carmélites

    Au Moyen Age, c’était certainement l’endroit le plus stratégique de la ville fortifiée. Au Nord-ouest, une esplanade permettait de réunir les armées. A l’Est, l’ancienne église Saint-Michel, dont le clocher épousait un angle des anciennes fortifications, servait à la fois de lieu de culte et de tribunal de justice.

   

Carm
Carm1
Carm2

Après la vente de ce site, et la destruction de l’ancienne église, Monseigneur Gay (1815-1892), évêque-auxiliaire de Poitiers, acheta l’ensemble pour y faire construire le Carmel, en 1880.                                 

    A la suite de Saint Israël, qui a toujours réconforté, aimé et guéri les pauvres et les malades, les Sœurs du Carmel, nourries des paroles de l’évangile, ont continué ce chemin d’amour, par leur présence, leurs gestes, et leur accueil de ces petits qui ont du prix aux yeux de Dieu : rencontres souvent émaillées de sourires, de mercis, de partages de vie et... parfois de silence.

Malheureusement, le Carmel est maintenant désaffecté (depuis 2014).Les Sœurs qui vivaient encore dans ce lieu de grâces ont été alors déplacées vers d’autres couvents (notamment à la Puye, près de Saint-Savin).

Collégiale Saint Pierre

La collégiale « Saint Pierre aux Liens » est un monument majeur de l’art roman. Edifiée au XII° s, elle est remarquable à biens des égards : plan, élévation, sculpture, harmonie… Construite pour servir de vaste reliquaire aux saints locaux, Israël et Théobald, elle est aussi un signe manifeste de la gloire de Dieu et du Christ Ressuscité.

 

Col
Col1
Col2

A l’extérieur, sa silhouette peut paraître un peu massive, mais le regard du visiteur trouvera, au sommet de la tour de croisée, un ange doré du XIII° s, d’une rare élégance.

Le portail Ouest est de style « limousin » avec ses festons et sa statue de saint Pierre posée sur une console (1).   Le vitrail au-dessus de ce portail représente saint Pierre d'une part brecevant les clés du Royaume chrétien, et d'autre part délivré par l'ange du seigneur dans dns sa prison.                                                

 

La vaste nef à collatéraux, le transept saillant, le chevet développé à déam bulatoire et chapelles rayonnantes, la tour lanterne d’exception, et la sculpture tantôt dans le dur granit local, tantôt dans le calcaire, font d’elle une église qui n’a rien à envier aux plus célèbres de son époque.

L’ensemble de cette collégiale romane impressionne par son ampleur et son unité.

 (1) cf. « Orgueil et préjugés : Le Limousin et l’invention artistique au Moyen-Age » -  PULIM


 

Vitrail ouest
Ol
Ol1
Ol3

La voute xxxx

Dans le déambulatoire se trouvent les chasses des deux saints protecteurs du Dorat

La grande porte du côté nord a été ouverte en 2014 par Mgr Kalist, évêque de Limoges, lors du jubilé millénaire de saint Israël.

L’autel massif actuel, en ardoise de la  Creuse, a été mis en place par l’abbé Schneider en 1964, pour remplacer l’ancien maître-autel en pierre et marbre, déplacé alors vers la chapelle du cimetière.

 

Int
Int1
Int2 1

Le baptistère, du XI° s, toujours utilisé pour les baptêmes (mais servant le plus souvent/aussi de  bénitier), est lui aussi en granit.
Il faut également admirer la vaste crypte, dédiée à sainte Anne ;  l’autel initial, en granit, au centre de l’abside, est le seul qui nous soit parvenu du
Moyen Age. On peut voir, dans le sol, la pierre rappelant les dates 1794-1994 concernant le bienheureux Barnabé Laurens de Mascloux

Pèlerins, visiteurs, vous voici dans la collégiale Saint Pierre, joyau architectural. De belles pages de mon histoire spirituelle se sont écrites ici. Dans ce robuste vaisseau de pierre, mon coeur s’est laissé surprendre et saisir de bien des manières. C’est à la fois le silence prenant des lieux ou, au contraire, la force de la prière de la communauté rassemblée pour célébrer, qui m’ont permis de répondre positivement à l’appel du Seigneur et de son Eglise. En ces lieux, tout parle de Dieu. Laissez-vous surprendre !

                                                                                            D’après des textes d’André Vénitus,

ordonné prêtre le 12 juillet 2015

 

Couvent des sœurs de Marie-Joseph et de la Miséricorde

Ce couvent a été construit en plusieurs étapes, dans la deuxième moitié du XIX° siècle. C’est la percée de la rue de la Psalette qui a permis son agrandissement. A cet endroit, se trouvait antérieurement la maison de la Psalette, où les chanoines de St-Pierre initiaient certains fidèles aux rudiments de la liturgie. Derrière cette maison, il est possible qu’un cloître ait existé. Plus au Sud, se trouvait la place de l’Hospice - à l’endroit de l’actuelle chapelle des Sœurs - faisant face à l’ancien « Hospital » du Dorat. Le faubourg de l’Hôpital, situé derrière les remparts, témoigne encore de son existence. Mille ans après Saint Israël, qui a contribué au renouveau de la liturgie canoniale, les Sœurs continuent à réciter les psaumes dans cette chapelle. 

                                                                                                 D’après un texte de Michaël Thoury

Couvent

Bienvenue en ce lieu, à vous pèlerins d’un jour !                            

La communauté des Sœurs de Marie-Joseph et de la Miséricorde, présente au Dorat depuis 1841, comprend actuellement vingt sœurs, venant d’horizons différents : France, Espagne, Irlande, Hollande.

A la suite de leurs fondatrices, elles expérimentent que la miséricorde, le partage fraternel, l’entraide et l’accueil témoignent qu’une vie donnée au Christ est une vie heureuse et joyeuse. Leur ressourcement s’enracine chaque jour dans la prière, l’oraison silencieuse, l’adoration, et l’eucharistie la prière (cf. Actes 2, 42).

D’après un texte de Soeur Anne-Marie, supérieure de la communauté

 Cette cloche d'argent, dite « cloche de Saint-Lazare », a été fondue en l'an 1649 par le fondeur «Tobie de la Paix», à Paris.

Elle a été recueillie en 1961 par les Sœurs de Marie-Joseph qui furent les dernières au service des femmes détenues à la prison de Saint-Lazare jusqu'en 1932, date à laquelle elles furent transférées à la prison de la Roquette. La cloche d'argent, comme on l'appelle, est conservée comme une relique à la Maison-Mère des Sœurs, qui sont toujours en charge des visites aux prisonniers dans toute la France.

La tradition veut que cette cloche ait été donnée par la Reine Anne d'Autriche à Saint Vincent de Paul.      

D’après un texte de Michel Courivaud                

Cloches

Chapelle des Saints, au cimetière

C’est dans l’ancien cimetière de l’hôpital des pauvres que fut enterré saint Israël (et son compagnon saint Théobald). En 1130, leurs corps furent exhumés et translatés dans la collégiale (en fin de construction). On décida alors de mettre une croix à la place de leur ancienne sépulture, puis de construire une chapelle en bois. En 1722, une chapelle en pierre fut bâtie. L’avocat Grenard rapporte que « le 1er mai 1722, le chapitre fut en procession jusqu’à la chapelle dédiée aux glorieux saints Israël et Théobald, bâtie nouvellement dans le cimetière de l’hôpital, lieu autrefois de la sépulture de ces glorieux saints ; elle fut bénie par Mr François Lesterpt, abbé du chapitre de cette ville, et on y chanta la grand-messe ».

 

Chap1
Chap2

Jugée trop petite, cette chapelle « fut, sur l’initiative de Jean Nesmond, notaire syndic de la confrérie, rétablie en entier en 1773 et 1774, et allongée de 10 pieds ; on y construisit un petit clocher sur la porte ; les officiers du siège royal prêtèrent la cloche de la chapelle Saint-Michel »[1],.

Lieu de nombreuses sépultures de notables, notamment de la confrérie (sépultures ensuite interdites en 1857, sauf une en 1913), l’édifice fut reconstruit en 1825. Martial Gaté, érudit et syndic récent de la confrérie, raconte la suite : « En 1881, la toiture de la chapelle s’écroule. Stanilas Ducoux, syndic, et le curé Félix Moreau décident de la reconstruire aux moyens d’une souscription. En 1896, la nouvelle chapelle est consacrée par l’évêque de Limoges. Les pierres proviennent d’Oradour-Saint-Genes».

En 2014, la toiture a été refaite aux frais de la confrérie.

A l’intérieur de la chapelle se trouve l’ancien maître-autel de la collégiale, déplacé en 1964 par l’abbé Schneider, curé du Dorat.

                                                                                                   D’après un texte de Michaël Thoury

 

[1] cf. récit de l’historien Aubugeois.